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Activités des membres du TRANSPOL
Le travail indépendant comme combinaison de formes de travail, de sources de revenus et de protections: étude des conditions pour comprendre les rapports entre travail indépendant et protection sociale. D'Amours, Martine et Frédéric Lesemann, Lucie France Dagenais, Diane-Gabrielle Tremblay, Benoit Lévesque (2004). Rapport synthèse du projet de recherche intitulé Le travail autonome comme combinaison de formes de travail, de source de revenus et de protections: étude des conditions pour comprendre les rapports entre travail autonome et protection sociale.
[extraits de l'introduction]
Ce projet avait pour point de départ le constat d’une augmentation du travail autonome au Canada (et, de façon encore plus marquée, au Québec) depuis les années 1980, rompant avec le déclin continu qui avait caractérisé la période 1930-1970, non seulement dans le secteur agricole, mais aussi dans le secteur non-agricole (Gardner, 1994). Au Canada, la croissance de cette forme d’emploi est devenue encore plus importante dans les années 1990, et ce, quel que soit l’indicateur privilégié: volume, taux de croissance annuelle, incidence, part de l’emploi total, contribution à la création totale d’emplois (Lin, Yates et Picot, 1999). Mais alors que dans les années 1980, cette croissance était essentiellement due aux employeurs, elle a été, dans les années '90, presque entièrement attribuable aux travailleurs autonomes travaillant seuls, sans aide rémunérée. Nous avons choisi de nous concentrer sur l’étude de cette dernière catégorie, qui est aussi la catégorie la plus précaire, donc la plus susceptible de présenter des besoins en matière de protection sociale.
Nous partagions avec les partenaires de l’Action concertée le constat d’une nécessaire adaptation des politiques publiques aux nouvelles réalités du travail, en particulier en ce qui concerne les lois du travail et la protection sociale, mais nous pensions, et nous pensons toujours, que l’atteinte de cet objectif passe par une meilleure connaissance de la diversité des situations recouvertes par la catégorie de « travailleur indépendant sans employés ». De cette prémisse découle l’objectif général de notre projet, à savoir l’analyse des rapports entre diverses situations de travail autonome et diverses formes de protection légale et sociale susceptibles de s’y appliquer, assorti de trois objectifs spécifiques :
- la production d’une typologie des travailleurs autonomes sans employés plus fine que celle que révèlent les grandes enquêtes statistiques;
- l’identification des modalités possibles et proposées de protection sociale, à partir de la recension des positions des acteurs sociaux et des pratiques québécoises ou étrangères;
- l’analyse des pratiques des entreprises qui favorisent le développement du travail autonome.
Les travaux qui se sont déroulés sur trois années (2001-2004) ont reposé sur diverses méthodologies de recherche : enquêtes par questionnaire, entrevues semi-dirigées, analyse de la documentation et études de cas. Ils ont donné lieu à six cahiers de recherche portant sur les divers volets: une enquête par questionnaire donnant lieu à une typologie des travailleurs indépendants, une étude comparative des systèmes de protection sociale et d’encadrement juridique des travailleurs autonomes, une recension d’écrits et une enquête auprès des entreprises ayant recours au travail autonome, une analyse des positions des acteurs sociaux en matière de protection sociale et de fiscalité du travail autonome et finalement six études de cas auprès de regroupements de travailleurs autonomes ayant tenté de développer des rapports collectifs de travail. Les cinq premiers chapitres du présent rapport résument à grands traits chacune de ces études sectorielles. Pour plus de détails, le lecteur est prié de consulter les cahiers de recherche, dont la liste figure en bibliographie (documents précédés d’un astérisque), ainsi que les sites web sur lesquels ils sont disponibles gratuitement.
Citoyenneté et pauvreté. Politiques, pratiques et stratégies d'insertion en emploi et de lutte contre la pauvreté. Ulysse, Pierre-Joseph et Frédéric Lesemann, Montréal: PUQ (janvier 2004).
Consultez la table des matières ou l'introduction.
[bref texte de présentation]
Confrontés à la croissance des inégalités économiques et sociales qui affaiblissent la cohésion de la société et témoins de la transformation des relations entre les gouvernements et la société civile, décideurs et intervenants des milieux socioéconomiques, politiques et communautaires ont un objectif: construire une société fondée sur les valeurs de citoyenneté.
Depuis une vingtaine d'années, plusieurs actions ont été entreprises au Québec afin de trouver l'équilibre entre les impératifs financiers et les objectifs sociaux. Un modèle proprement québécois de développement a été élaboré dans le but d'harmoniser le développement économique et le développement social. Tâche difficile s'il en est.
Ulysse et Lesemann décrivent ici les contextes, politiques, programmes, mesures et lois qui ont été mis de l'avant pour soutenir le développement d'une société qui place les individus au centre de ses préoccupations; ils présentent également les philosophies, idéaux, principes, visions et acteurs en cause. Pour eux, la crise de l'intégration sociale appelle à repenser la solidarité non seulement en termes d'interventions ciblées, mais surtout en termes d'accès à l'emploi, de protection contre les risques sociaux et de droits fondamentaux de citoyenneté. Les rapports entre le citoyen, l'État et la société s'en trouvent transformés et s'ouvrent alors des débats sur la protection sociale, la dynamique de fonctionnement de l'État québécois, la place des acteurs locaux et des intervenants dans la construction des liens sociaux et des solidarités sociales.
Frente a la exclusión social, qué caminos? Los casos de Québec y Argentina. Ulysse, Pierre-Joseph, Frédéric Lesemann et Carlos La Serna (avec la collaboration de Leticia Echavarri) (2003), Montréal: INRS-UCS; Córdoba: Instituto de Investigación y Formación en Administración Pública, Universidad Nacional de Córdoba, 174 pages.
[extrait de l'introduction]
Es en ese marco que nos interesa situar la problemática que este libro aborda, haciendo un ejercicio de reflexión sobre la construcción de nuestras sociedades. Quizás parezca lejano a nuestro objeto de estudio, sugerir que los problemas de exclusión social a que nos enfrentamos al presente, tienen relación con cuestiones tales como la condición social de nuestros primeros inmigrantes, a la sazón colonizadores/pobladores de nuestros territorios, con las modalidades equitativas ó concentradas de distribución de la tierra y de sus productos, con relaciones sociales y políticas cargadas en el caso del Québec de horizontalidad y cooperación, en el de Argentina, de jerarquía y fragmentación. La preeminencia de tales rasgos en la institucionalidad actual de nuestras respectivas sociedades, no puede sino entenderse como el resultado histórico de modalidades singulares de construcción social, que han echado raíces en las culturas y identidades.
[..]
Quizás una cuestión común a los trabajos que presentamos es aquella que encierra el término “política de sociedad”. ¿Podremos aspirar a une “política de sociedad”? Esto es, ¿podremos entender e institucionalizar la política como práctica reflexiva y autónoma, como espacio que alimenta la vida individual, la vida familiar, la vida comunitaria, la sociedad misma? Como espacio que, interpretando el pasado, supera su carácter constrictivo y hace del mismo un momento de aprendizaje que nutre la interpretación del presente y la construcción del futuro?
Los trabajos que presentamos abordan de distinta manera estos problemas, insinuando ó explicitando las respuestas diferenciales que los casos del Québec y de Argentina comportan respeto a la cuestión fundamental del tipo de sociedad que construimos.
Travail indépendant et rapports collectifs de travail. Étude de six regroupements de travailleurs indépendants. Rapport réalisé par Chantale Lagacé et Alexis Robin-Brisebois, avec la collaboration de Emmanuelle Tassé (2004) dans le cadre du projet de recherche intitulé Le travail autonome comme combinaison de formes de travail, de source de revenus et de protections: étude des conditions pour comprendre les rapports entre travail autonome et protection sociale.
[extrait de l'introduction]
Les pages qui suivent présentent six cas de regroupements de travailleurs indépendants qui se sont constitués en vue d’améliorer les conditions liées à l’exercice de leur travail et qui ont, pour ce faire, établi des collaborations avec une ou plusieurs grandes organisations syndicales. Ce sont, dans l’ordre où les cas sont présentés, les distributeurs de lait de la compagnie Natrel pour l’est du Québec, les camionneurs indépendants, les chauffeurs de taxis, les responsables de service de garde en milieu familial, les professionnels de la vidéo et les homéopathes.
Ces études de cas mettent en lumière des manières variées d’établissement de rapports collectifs de travail, ainsi qu’une panoplie d’enjeux, de revendications et de stratégies. On y découvre les réussites, mais aussi les obstacles liés à ce type de démarche. Il s’agit bien sûr de discours de représentation. Les membres de ces associations n’ont pas été rencontrés; et leur point de vue aurait peut-être été différent de celui des dirigeants que nous avons interrogés. Le même commentaire est valable pour les autres intervenants des secteurs industriels concernés. En dépit de ces limites, il nous semble que l’échantillon retenu nous donne un bon aperçu des enjeux et des défis posés par la représentation collective des travailleurs indépendants.
Analyse des positions des acteurs sociaux en matière de protection sociale et de fiscalité du travail autonome. Rapport réalisé par Fatima El Filali et Linda Denis, sous la direction de Martine D'Amours (2004) dans le cadre du projet de recherche intitulé Le travail autonome comme combinaison de formes de travail, de source de revenus et de protections: étude des conditions pour comprendre les rapports entre travail autonome et protection sociale.
[extraits de l'introduction]
À l’origine, dans ce volet de la recherche, nous avions pour objectif de repérer et de classifier les analyses et les positions des regroupements de travailleurs autonomes concernant les régimes actuels et souhaités de protection sociale et de fiscalité.
La méthodologie retenue fut celle de l’analyse documentaire. (..)
Nous avons classé leurs auteurs en quatre sous-groupes, représentant respectivement:
1) le milieu des affaires : Chambre de commerce du Montréal métropolitain, Fédération canadienne de l’entreprise indépendante, Compagnie F Entrepreneurship pour femmes ;
2) les organisations syndicales : Fédération des travailleuses et travailleurs du Québec, Confédération des syndicats nationaux, Centrale des syndicats démocratiques ;
3) le milieu communautaire : Conseil canadien de développement social, Au Bas de l’échelle, Corporation de développement économique et communautaire Centre-Sud/Plateau Mont-Royal ;
4) les organismes paragouvernementaux : Conseil du statut de la femme, Comité aviseur-jeunes d’Emploi Québec.
Un seul groupe de travailleurs autonomes, la Fédération québécoise des massothérapeutes, nous a fait parvenir un texte, que nous avons traité dans la section concernant le milieu des affaires.
De l’analyse de chacun des documents, nous avons tiré la présente synthèse, rédigée autour de quatre thèmes principaux, qui constituent les sections 2 à 5 du texte. La première section rappelle la toile de fond sur laquelle se déroulent, depuis une dizaine d’années, les débats sur le statut et la protection des travailleurs autonomes. La deuxième identifie les positions des acteurs sociaux ayant trait à la définition du travailleur autonome. La troisième section retrace leurs positions eu égard aux modifications législatives souhaitées, notamment concernant la Loi sur les normes du travail et le Code du travail. La quatrième section traite des revendications et recommandations relatives à la protection sociale et à la représentation des travailleurs autonomes, alors que la cinquième s’intéresse aux propositions ayant trait à la fiscalité et aux mesures de soutien.
Le travail indépendant : une hétérogénéité construite socialement
Thèse de doctorat soutenue avec succès par Martine D'Amours au département de sociologie de l'UQAM, (2003).
[Résumé]
La présente thèse a pour objet le travail indépendant exercé sans recours à des employés, qui est l’une des deux principales formes prises par le développement du travail atypique au Canada et au Québec. Deux hypothèses générales constituent le fil conducteur de la recherche. La première est à l’effet que les situations de travail indépendant exercées par des non employeurs sont hétérogènes et que cette hétérogénéité peut être mieux décrite et expliquée si on tient compte à la fois des formes variées de mobilisation du travail et des différentes qualités de produits générés par l’activité de travail. La deuxième considère les « marchés » du travail indépendant comme le produit de construction par des régulations, entendues à la fois comme règles institutionnelles et comme formes organisationnelles. Ces constructions sociales peuvent contribuer à expliquer l’hétérogénéité des situations recouvertes par la catégorie juridique d’indépendance, mais aussi les différences entre salariés et indépendants oeuvrant dans une même occupation ou un même secteur.
Cette thèse est divisée en cinq chapitres. Le premier est consacré à l’étude du cadre institutionnel balisant le développement du travail indépendant au Québec et conclut à une représentation d’homogénéité que dément la réalité. Le deuxième chapitre procède à la revue des écrits scientifiques sur le thème. Parmi toutes les approches recensées, celles qui étudient le travail indépendant sous le double angle des transformations du travail et de sa construction par les institutions semblent les plus intéressantes, mais elles comportent la limite de modéliser le travail indépendant comme dichotomie ou comme superposition de dichotomies. Le chapitre III construit le cadre théorique permettant d’appréhender le travail indépendant comme hétérogénéité plutôt que comme dichotomie, à partir de la double entrée par le produit-service et par le travail, et d’expliquer cette hétérogénéité par la présence de régulations, entendues comme faits d’institutions et faits d’organisation. Les quatrième et cinquième chapitres livrent et analysent les résultats de deux terrains de mise à l’épreuve des hypothèses et du modèle théorique : le premier de ces terrains consiste en une enquête par sondage auprès d’un échantillon de 293 travailleurs indépendants, alors que le deuxième met en évidence le rôle des régulations dans la construction de l’hétérogénéité des situations de travail indépendant, à partir du cas des journalistes pigistes de la presse écrite périodique.
En s’appuyant sur un cadre d’analyse qui associe diversité des produits et diversité des formes de mobilisation du travail, le premier terrain documente l’hétérogénéité des travailleurs indépendants sur un ensemble de dimensions : compétences, ressources et rémunération des producteurs, types de clientèles, produits, degré de contrôle sur le travail, mécanismes et niveau de couverture contre les risques sociaux et professionnels. Cette hétérogénéité s’organise suivant deux grands axes, relatifs au type de clientèle et au niveau de compétence du producteur. Positionnés de diverses manières par rapport à ces deux axes, les répondants à l’enquête ont pu être regroupés selon cinq profils types : les non-professionnels indépendants ; les petits producteurs dépendants; les professionnels libéraux ; les conseillers et consultants et finalement les professionnels bénéficiant d’ententes collectives de travail, amenant leurs donneurs d’ouvrage à participer aux frais de programmes de protection contre certains risques sociaux et professionnels.
Les résultats du deuxième terrain constituent une illustration convaincante de l’hypothèse voulant que les modalités de régulation (incluant les faits d’institution et les faits d’organisation sociale) construites à l’échelle occupationnelle ou sectorielle peuvent servir de cadre pour expliquer à la fois la situation de la majorité des indépendants d’une occupation (par comparaison avec celle des salariés) et les différences entre indépendants de cette même occupation. Ils révèlent l’impact des règles institutionnelles qui excluent les indépendants, notamment de la protection sociale, mais aussi et surtout l’importance des formes organisationnelles qui déterminent l’allocation des contrats, le niveau des tarifs et le degré d’autonomie du producteur. Les résultats mettent aussi en évidence le fait que le marché n’est pas le principe de régulation unique dans les univers de travail indépendant, mais qu’il coexiste avec des modalités de régulation basées sur la confiance et la réputation. Ils viennent finalement appuyer l’hypothèse selon laquelle ces principes de régulation se modifient sous la pression du contexte et des acteurs.
MOTS-CLÉS : TRAVAIL INDÉPENDANT; TRAVAIL AUTONOME; TRAVAIL ATYPIQUE; SELF-EMPLOYMENT; MUTATIONS DU TRAVAIL
Travail et vieillissement. Une entrevue de Frédéric Lesemann réalisée par Marie-France Bazzo dans le cadre de l'émission Indicatif présent sur les ondes de Radio-Canada.
En 2008 aux États-Unis, 28 % des personnes âgées entre 65 et 69 seront encore sur le marché du travail.
La retraite à 65 ans est magistralement remise en question.
Même le gouvernement du Québec sent le vent tourner. Il entend accroître de 8 % la rente des personnes de 65 ans qui conservent leur emploi.
Aujourd'hui, l'âge de la retraite n'est plus absolu. L'espérance de vie a considérablement augmenté depuis la Deuxième Guerre mondiale. « Un nouvel âge émerge et le travailleur doit décider de qu'il devra faire des quinze ou vingt dernières années de sa vie », indique Frédéric Lesemann.
Il est possible d'écouter l'archive de cette entrevue intitulée Travail et vieillissement, présentée le 24 octobre 2003, en se rendant sur le site de l'émission Indicatif présent.
Vieillissement de la main d’œuvre : comment ce phénomène transformera-t-il nos organisations, nos institutions et le sens du travail ? Conférence de Frédéric Lesemann (2003) présentée au Colloque Vieillissement de la main d’œuvre, UQO, Gatineau le 16 octobre.
[extrait de l'introduction]
Pour nous, il est évident qu’il est impossible de comprendre les phénomènes de la pénurie appréhendée de main d’œuvre qualifiée, autant que ceux des cessations anticipées d’activité, des préretraites, du chômage de longue durée chez les travailleurs d’expérience, du maintien et du retour en emploi, des emplois «post-carrière», sans voir la relation systémique qui existe entre ces phénomènes qui interagissent les uns avec les autres [..]
Mais nous faisons plus, nous développons aussi une analyse stratégique de la réalité. Nos études de terrain nous ont en effet appris à mettre en oeuvre une compréhension stratégique de la réalité en regard des travailleurs puis des employeurs.
Les travailleurs dans l'économie du savoir. Étude soumise par Frédéric Lesemann et Christian Goyette (2003) au Conseil de la Science et de la Technologie, Montréal, INRS-Urbanisation, Culture et Société, août, 52 p.
[extrait de l'introduction]
Bien que l’unanimité ne soit pas faite quant à la nature et à la portée réelle de l’économie du savoir, on peut néanmoins dégager certaines lignes de convergence, plus ou moins explicites, selon lesquelles l’apport des connaissances et de la technologie sont en train de devenir les principaux moteurs de la croissance et, donc, les garants de la prospérité économique à venir. Plusieurs déterminants sont évoqués par les analystes (révolution technologique, libéralisation économique, reconfiguration du rapport science/économie, effets de conjoncture, aboutissement de processus depuis longtemps entamés, etc.) pour expliquer les changements qui se produisent. Certains minimisent l’importance de ces transformations, d’autres, les amplifient, les célèbrent ou les démonisent. Mais, au juste, qu’en est-il vraiment?
Nous allons bien sûr, faire le point sur cette question, en constatant qu’il y a au moins deux orientations majeures d’analyse de la question : l’une, dominante, essentiellement économique et démographique, qui s’appuie principalement sur l’interprétation des données d’enquêtes statistiques; l’autre, interprétative et globale, de type sociologique , qui tente de comprendre l’avènement de cette économie et de l’interpréter dans ses dimensions sociétales, en référence principalement à la société industrielle qui a historiquement donné naissance à la discipline sociologique. Notre analyse tiendra largement compte des apports des analyses de type économique puisque ce sont elles qui ont jusqu’ici décrit cette «économie du savoir» avec le plus de détails, à partir des données statistiques disponibles, en fonction des prémisses théoriques de cette discipline. Ce que l’on sait aujourd’hui du développement de l’économie du savoir au Québec est en effet produit très majoritairement par ce type d’études. Mais notre analyse cherchera aussi à interpréter l’évolution et le développement de cette «économie» dans une perspective sociétale et à mettre en évidence ce qu’un regard sociologique peut apporter à la compréhension de son développement.
Les travailleurs hautement qualifiés dans le contexte du vieillissement de la main d’œuvre. Étude soumise par Frédéric Lesemann, avec la collaboration de Julie Beausoleil et Stéphane Crespo (2003), au Conseil de la Science et de la Technologie, Montréal, INRS-Urbanisation, Culture et Société, août, 42 p.
[extrait de l'introduction]
L’objectif de cette étude est de documenter, dans le cadre d’une réflexion du CST sur l’emploi dans l’«économie du savoir», les phénomènes entourant les fins de carrières et les possibles prolongations d’emploi (maintien et retour en emploi) des travailleurs âgés hautement qualifiés , dans le contexte d’une pénurie appréhendée de main d’œuvre qualifiée. La qualification est ici définie de manière exploratoire, principalement en référence aux caractéristiques de l’emploi et de la scolarité dans une «économie du savoir», mais en s’efforçant de tenir compte également des dimensions qualitatives des compétences et des qualifications attendues de la part des travailleurs de l’économie du savoir. Admettons-le d’emblée : la difficulté à laquelle se heurte cette étude tient à la rareté des informations disponibles sur le sujet, à l’exception de quelques études de Statistique Canada et, surtout d’une excellente synthèse toute récente de Gabriel Laroche du CETECH (juin 2003 : Changement démographique et travailleurs hautement qualifiés). Face à cette relative pénurie nous étayerons cette étude par des références à des travaux américains, davantage développés dans ce domaine, au risque d’inférer, avec toutes les limites que ce type de démarche entraîne, que certains constats établis aux Etats-Unis peuvent avoir une pertinence au Québec et que certaines tendances identifiées aux Etats-Unis risquent de se manifester également au Québec au cours des prochaines années.
Dans ce sens, cette étude est exploratoire : à partir des informations limitées disponibles, elle cherche à identifier et à documenter un phénomène en émergence. C’est la raison pour laquelle nous procéderons successivement, tout d’abord dans une série de préalables, à contextualiser l’objet de cette étude, puis nous ferons état de ce que les statistiques disponibles peuvent nous apprendre sur la situation des transitions graduelles entre l’emploi et la retraite, ainsi que du retour en emploi des travailleurs âgés au Québec. Nous définirons cette notion de travailleurs hautement qualifiés, ainsi que celle d’«économie du savoir». Nous examinerons ensuite une série d’études américaines sur le sujet pour tenter d’identifier les éléments d’information pertinents, tout en sachant que ces études ne sont pas spécifiques à la question du travail des travailleurs âgés hautement qualifiés au sein d’une «économie du savoir». Nous conclurons par une réflexion sur les mesures susceptibles d’encourager et de soutenir l’emploi des travailleurs âgés au sein d’une «économie du savoir», en fonction de trois ensembles fortement différenciés, mais aussi fortement interdépendants de travailleurs de l’«économie du savoir» : les «compétitifs», les «précaires» et les «protégés», distinction qui nous permettra d’organiser de manière différenciée la réflexion sur les mesures de soutien à l’emploi et à la transition graduelle entre l’emploi et la retraite.
Le vieillissement en emploi dans le secteur de la santé et des services sociaux: le cas d'un CHSLD-CLSC. Rapport de recherche de Martine Lauzon, sous la direction de Frédéric Lesemann (2003)
Montréal, INRS-Urbanisation, Culture et Société, août, 112 p.
[extrait de l'introduction]
Cette recherche repose sur une hypothèse selon laquelle les stratégies de travail déployées par les travailleuses âgées dépendent des conditions et de l’organisation du travail ainsi que des «configurations organisationnelles» qui caractérisent les organisations qui les emploient. Ainsi, nous supposons que dans une organisation où la salariée a peu de prise sur son travail, sur le fonctionnement de l’organisation et où elle effectue ses tâches marquée par une lourdeur bureaucratique, la prise de retraite devient un mécanisme de survie personnelle. Au contraire, dans les organisations où la travailleuse est maîtresse de ses tâches et où elle a prise sur son travail, le maintien en emploi est une solution plus attrayante que le départ. Pour étayer cette hypothèse, nous nous référerons aux théories de l’analyse stratégique des organisations et des configurations organisationnelles.
La définition sociale du vieillissement et ses impacts sur la conception des interventions appropriées. La question de l'adaptation des milieux de travail. Conférence de Chantale Lagacé (2003) présentée lors de la Journée de formation «Les travailleuses et travailleurs âgés», Ministère de l’emploi, de la solidarité sociale et de la famille, Direction générale des politiques, Direction générale adjointe de la recherche, de l’évaluation et de la statistique (DGARES), 4 juin.
[extrait de l'introduction]
Le raisonnement actuel concernant le vieillissement et le travail est relativement simple : l'offre de main-d’œuvre sera insuffisante et de qualité inadéquate pour combler la demande. Cette définition de la question entraîne définition de solution axée essentiellement autour de la question de la formation professionnelle. Entendons-nous : cette préoccupation est essentielle, mais elle ne réglera pas tout. Elle n'aura aucun effet sur le volume global de main-d’œuvre, elle place l'essentiel du fardeau de l'adaptation sur les épaules des individus et sur les institutions publiques et elle n'a presque aucun effet sur la demande de main-d’œuvre et sur les conditions proposées par les demandeurs (et les impacts de ces conditions sur le vieillissement).
S’il faut adapter la formation et la transmission des savoir-faire, il faut aussi, et surtout, transformer les conditions dans lesquelles se fait le travail, car ce sont principalement elles qui déterminent les formes et le rythme du vieillissement.
Le vieillissement au travail: les pratiques d'entreprises. Perspectives internationales.
par Lesemann, Frédéric (2003). Étude présentée au Comité sectoriel de la main d'oeuvre dans la fabrication métallique industrielle, Montréal, INRS-Urbanisation, Culture et Société, avril, 40 p.
[extraits de l'introduction]
Dans le cadre du projet de recherche sur la gestion des ressources humaines et les enjeux du travail touchant la main d’œuvre de 55 ans et plus dans le secteur de la FMI, nous présentons une synthèse des pratiques d’entreprises en matière de vieillissement au travail et de gestion des âges en entreprises telles qu’elles sont repérables dans la littérature internationale.
Ce repérage s’appuie sur un document publié par l’INRS en 1998 et réalisé par Julie Beausoleil : Recension des écrits sur les pratiques des entreprises à l’égard de la main d’œuvre vieillissante, Montréal, 151 pages. Il est complété par d’autres documents récents cités en bibliographie et par une série de visites et d’entrevues réalisées principalement en France en 2002 et 2003.
[...]
La synthèse que nous présentons ici articule la question du vieillissement en entreprise autour de sept thèmes :
1) Une question au carrefour de dynamiques politiques, économiques et sociales;
2) L’impact des nouvelles formes d’organisation du travail;
3) Un révélateur de l’organisation du travail et des conditions de travail dans l’entreprise;
4) L’importance d’une compréhension différentielle du phénomène;
5) Une compréhension «stratégique» de travailleurs «stratégiques»;
6) Les initiatives possibles et nécessaires au plan de l’entreprise;
7) Les initiatives possibles et nécessaires au plan institutionnel.
Pratiques de gestion et représentations du vieillissement. Recherche exploratoire menée dans le secteur de la fabrication métallique industrielle. par Chantale Lagacé, sous la direction de Frédéric Lesemann (2003). Étude présentée au Comité sectoriel de la main d'oeuvre dans la fabrication métallique industrielle, Montréal, INRS-Urbanisation, Culture et Société, avril, 32 p.
[extraits de l'introduction]
Le présent rapport fait état d'une recherche exploratoire menée par l'Institut national de la recherche scientifique (ci-après INRS) dans le cadre de sa collaboration au Projet pilote de gestion prévisionnelle de la main-d’œuvre dans la fabrication métallique industrielle, projet parrainé par le Comité sectoriel de la main-d'oeuvre dans la fabrication métallique industrielle (ci-après CSMOFMI) et mis en œuvre par le groupe Gestion concertée des ressources humaines (GCRH). Après avoir brièvement décrit les objectifs et étapes de ce projet pilote, nous présenterons le contenu du rapport.
[...]
Le présent document comporte six chapitres.
Dans le premier, nous présenterons les objectifs de la recherche, la méthode de même que les entreprises que nous avons visitées.
Les cinq chapitres suivants sont consacrés à la description des résultats. Le chapitre deux fait état des pratiques de gestion de la main-d’œuvre vieillissante que nous avons recensées dans le secteur. Par la suite, nous présentons, dans deux chapitres distincts, la manière dont le vieillissement est défini d'abord par les employeurs, ensuite par les travailleurs. Dans le cinquième chapitre, nous abordons la question de la retraite : comment la gère-t-on et comment les travailleurs vieillissants la voient-ils? Le sixième chapitre porte sur les relations intergénérationnelles.
Pour terminer, nous reprendrons les éléments de la définition de la situation du vieillissement telle que produite par le CSMOFMI dans l'énoncé du projet pilote pour en tirer quelques conclusions en lumière des résultats de la recherche.
Guide de gestion prévisionnel de la main d'oeuvre vieillissante. par Chantale Lagacé (INRS-UCS, TRANSPOL) et Charles Brûlotte (Groupe Gestion concertée des ressources humaines), sous la direction de Frédéric Lesemann (INRS-UCS, TRANSPOL) (2003). Étude présentée au Comité sectoriel de la main d'oeuvre dans la fabrication métallique industrielle, Montréal, INRS-Urbanisation, Culture et Société, avril, 144 p.
[texte de présentation]
Voici un guide de gestion prévisionnelle de la main-d’œuvre vieillissante. Vous y trouverez une série de fiches auxquelles sont attachées des applications pour chacun des sujets traités. En préambule, nous dressons un état de la situation démographique et nous réfléchissons sur la signification et le statut de l’âge dans notre société.
La première fiche consiste en une réflexion sur certains mythes concernant les travailleurs vieillissants.
Suit, dans cinq fiches, une introduction à la gestion prévisionnelle et au maintien en emploi, à savoir :
· fiche no 2. Gestion prévisionnelle de la main-d’œuvre et maintien en emploi. Définition.
· fiche no 3. Gestion prévisionnelle de la main-d’œuvre et maintien en emploi. Modalités d’implantation.
· fiche no 4. Quelques méthodes de description de la main-d’œuvre.
· fiche no 5. Analyse de l’offre de main-d’œuvre.
· fiche no 6. Identification des besoins des travailleurs dans une démarche de gestion prévisionnelle.
Toutes les autres fiches constituent des aménagements possibles dans le cadre de démarches de gestion prévisionnelle et de maintien en emploi. Ces fiches sont les suivantes :
· fiche no 7. Aménagement et réduction du temps de travail
· fiche no 8. La retraite progressive comme forme d’aménagement et de réduction du temps de travail
· fiche no 9. Aménagement des postes de travail
· fiche no 10. La formation des travailleurs âgés
· fiche no 11. Transmission des savoir-faire
· fiche no 12. Les manuels d’apprentissage
· fiche no 13. Transmission des savoir-faire assistée par ordinateur
· fiche no 14. Formation préparatoire à la retraite.
La définition sociale du vieillissement et ses impacts sur la conception des interventions appropriées. La question de l'adaptation des milieux de travail.
par Chantale Lagacé, Présentation à la Journée de formation «Les travailleuses et travailleurs âgés»
Ministère de l’emploi, de la solidarité sociale et de la famille, Direction générale des politiques, Direction générale adjointe de la recherche, de l’évaluation et de la statistique (DGARES), 4 juin 2003.
Cette communication portait sur la définition sociale des liens entre le vieillissement et le travail. Plus précisément :
- La question du vieillissement, de fait prévu depuis longtemps est récemment devenu un problème social, ce qui implique qu'une partie de la collectivité en produit une définition axée vers la recherche de solutions. Cela implique une sélection des aspects de la question jugés les plus pertinents.
- La question des pénuries et de l'inadaptation de la main-d’œuvre sont les angles privilégiés de la définition actuelle du vieillissement en lien avec le travail. Cette approche place l'essentiel du fardeau de l'adaptation sur les individus.
- Cette approche fait du vieillissement un phénomène individuel et biologique, alors que l'on sait que les conditions de travail sont déterminantes des formes et du rythme du vieillissement.
- Une définition du vieillissement qui tient compte des facteurs qui en modèlent les formes et le rythme oblige à inverser le raisonnement et à placer une partie de la responsabilité de l'adaptation sur les organisations de travail.
La composition du revenu en période de retraite anticipée: le cas des Canadiens âgés de 55 à 64 ans entre 1982 et 1997. Par Stéphane Crespo (2003), Cahiers Québécois de démographie, 32(1), printemps, pp.107-138.
Depuis une vingtaine d'années, une proportion croissante de travailleurs âgés de 55 à 64 ans se sont retrouvés précocement à la retraite, en raison de changements structurels dans le marché du travail et dans les politiques de retraite. Or, les effets de ces changements sur le revenu et les sources de revenu sont mal connus dans cette tranche d'âge. Avec des séries chronologiques s'étendant de 1982 à 1997, l'objectif de la présente analyse descriptive est de documenter la contribution des sources de revenu à l'évolution du revenu net réel des hommes et des femmes âgées de 55 à 64 ans au Canada. Le revenu est abordé à travers deux dimensions: le niveau moyen et l'inégalité, mesurée par l'indice de Gini. Il ressort que ces changements ont joué un rôle significatif dans l'évolution du revenu net réel au cours de la période, mais globalement plus favorable aux femmes, malgré le fait que leur revenu est demeuré largement inférieur à celui des hommes. Contrairement aux hommes, le revenu net réel moyen des femmes a augmenté et l'inégalité a diminué.
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par Ulrich Beck
Coll. Alto, éd. Aubier, 2003, 560 p.
Après le succès mondial de La société du risque
(1986, traduction française Aubier, 2001), le sociologue allemand
Ulrich Beck s’est beaucoup intéressé à la mondialisation. Il revient
cette fois-ci avec un volume de près de 600 pages, qui ambitionne de
proposer une nouvelle théorie politique de la mondialisation économique.
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D'où vient le fort sentiment d’insécurité ressenti
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Castel. Notre «frustration sécuritaire » s’alimente à plusieurs sources.
Dans notre vie quotidienne, l’État ne peut contrôler complètement
tout ce qui nous effraie : qu’il lutte contre le terrorisme ou la
délinquance, un État qui surveillerait tout le monde, tout le temps,
serait liberticide. Il pourrait, en revanche, assurer une meilleure
protection sociale : la mondialisation, en faisant de la sécurité
sociale un coût à supporter dans la compétition mondiale, et les idées
libérales, en poussant à l’individualisation et à la flexibilité des
parcours professionnels, ont remis en cause l’État-providence. S’ajoutent
à tout cela de nouveaux problèmes (sanitaires, environnementaux) qui
amènent à voir du risque partout. L’ensemble conduit à une « demande
éperdue de sécurité » qui incite l’auteur à dénoncer l’inflation de
notre souci de sécurité et à chercher les solutions pour répondre
au besoin de protection sociale. Un petit texte limpide qui permet
à chacun de mettre ses idées en place. (Alternatives économiques.
Christian Chavagneux)
Le libéralisme n’a pas d’avenir
de Guillaume Duval
Ed. La Découverte, 2003, 180 p.
Il est plus que temps d’avoir un large débat permettant
de redéfinir les conditions de gestion des entreprises, ainsi que
les principes d’organisation de nos économies. L’avenir de nos sociétés
développées en dépend. Guillaume Duval a l’immense mérite de rentrer
dans cette confrontation indispensable avec une hypothèse forte, le
besoin de promouvoir des rapports économiques non marchands.
De la responsabilité solidaire. Mutations dans les politiques sociales d’aujourd’hui,
par Colette Bec, Giovanna Procassi Ed. Syllepse, 2003, 268p.
Parce que le discours néo-libéral aime « invoquer avec insistance le principe de responsabilité », l’idée de
rassembler une douzaine de contributions autour du thème « responsabilité
et solidarité dans les politiques sociales » est une bonne idée. Ceux
qui professent que la responsabilité individuelle est l’alternative
à la solidarité collective voudraient bien construire un système dual
: une protection individuelle assurée par les mécanismes de marché
pour ceux qui peuvent accéder à l’assurance privée, l’assistance pour
les autres. Les auteurs rassemblés ici montrent, au contraire, que
c’est la solidarité collective qui « produit » des individus responsables,
alors que la protection individualisée renvoie à la famille, au clan,
à la communauté.» (Pierre Volovitch, Revue Alternatives économiques)
Mondialiation et gouvernance mondiale
par Josepha Laroche (dir.) Ed. Puf, 2003, 264 p.
Fruit d’une association entre économistes et spécialistes de sciences politiques,
l’ouvrage regroupe de nombreuses contributions passionnantes sur les
conséquences politiques de la mondialisation. On passe de l’analyse
des multinationales et de la finance mondialisée aux liens entre guerre
et économie, de la lutte contre la criminalité et les paradis fiscaux
à l’évolution du droit international public, de l’Organisation mondiale
du commerce au « sans-frontiérisme » humanitaire, etc. Un ensemble
d’articles courts, lisibles, écrits par des spécialistes. Chacun y
puisera des éléments pour alimenter ses réflexions sur l’érosion ou
non du pouvoir des États et la montée en puissance des acteurs
privés.» (Revue Alternatives économiques)
Dérive Globale
Brunelle, Dorval. 2003. Boréal. 226 pages.
La mondialisation occupe une place importante dans l’espace public : voie obligée de la prospérité pour les uns, elle est pour les autres
responsable de tous les maux affligeant la société contemporaine. Curieusement,
ces jugements contradictoires sur la mondialisation tendent tous deux
à négliger les discours ayant présidé à la mise en place du monde de
l’après Seconde Guerre. Dorval Brunelle revient sur les fondements de
l’ordre d’après-guerre, tels qu’ils se lisent dans les propos de ses
architectes d’alors. L’examen de la création des grandes institutions
internationales, à cette époque, constitue le point de départ d’une analyse articulant
la reconstruction des espaces international et national à la création
de l’État-providence et à la reconnaissance des droits sociaux. Sur
cette base, l’auteur s’attarde ensuite à l’éloignement par rapport à
ce projet initial, lisible dans ce qu’il appelle la globalisation, qui
rompt avec la logique mise en place au sortir de la guerre. Dans ce nouveau cadre institutionnel, l’Amérique
du Nord occupe une place privilégiée. C’est en effet dans le libre-échange
entre le Canada et les États-Unis que le nouvel ordre global trouve
le premier lieu de son déploiement. Il convient donc d’analyser de près
la dynamique inaugurée par cet accord pour saisir, a contrario, ce que
la pensée de l’immédiat après-guerre, derrière des apparats libéraux,
peut encore proposer d’intéressant à tous ceux qui appellent de leurs
vœux une mondialisation alternative.
Fédéralismes et mondialisation
Duchastel, Jules. 2003. Athéna Éditions.
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(PDF)
Une finance responsable à l'ère de la mondialisation économique
Gendron, C. et Bourque. 2003. L'Économie politique. Mai 2003.
Responsabilité sociale et régulation de l'entreprise mondialisée
Gendron, C. 2003. Intervention en plénière dans le cadre du symposium
Équité, efficience ou éthique? Les codes de conduite et la régulation
sociale de l'entreprise mondialisée. Symposium international organisé
par le Centre de recherche interuniversitaire sur la mondialisation
et le travail (CRIMT) et le Réseau canadien de recherche sur les milieux
de travail (RCRMT), 30 avril au 2 mai.
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